Volvo XC60 D5 AWD MY2018

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Par: VG 20-06-2017

S’il y a une décision qui n’est pas facile à prendre pour un constructeur automobile, c’est bien celle de remplacer le modèle qui se vend le mieux. Dans le cas de Volvo, ce ‘bestseller’ porte le nom de XC60. Après neuf longues années de bons et loyaux services, le constructeur suédois, propriété du géant chinois Geely depuis 2010, a donc enfin décidé de présenter la seconde génération de celle qui représente 40% des ventes de la marque.

En attendant la version D3 (traction à 3 cylindres), la nouvelle Volvo XC60 ouvre la gamme avec le diesel D4 AWD (190cv) en finition Momentum à partir de 49.250 € (Là où l’ancien modèle débutait à 37.100 € en version D3 Kinetic). Elle est suivie par l’entrée de gamme essence, avec le T5 (254cv) contre 51.900 €. Le milieu de gamme est assuré par le D5 (235cv) qui réclame 53.500 € et le T6 (320cv) s’échange contre un chèque de 57.200 €. La version T8 hybride (320cv + 87cv) représente le haut de la gamme. Elle coûte un minimum de 70.250 €. L’entièreté de la gamme est couplée à une boîte automatique Geartronic à 8 rapports et à une transmission aux quatre roues AWD. La finition R-Design, au look plus sportif, sera facturée 3.100 €, alors que la finition la plus luxueuse ‘Inscription’, vous en coutera 4.700 €. Notre monture d’essai, la XC60 D5 Inscription, avec les sièges en cuir électriques et ventilés, la sono Bowers & Wilkins, le pack éclairage (full LED avec high beam assist), le hayon électrique, le toit panoramique ouvrant et inclinable, tous les assistants de sécurité disponibles, la suspension pneumatique et l’affichage tête haute, fait grimper le tarif à 74.700 €. En moyenne, les tarifs ont fait un bond de 4 à 6.000 € par rapport à l’ancien modèle. On est d’accord, on parle bien de tarifs premium. A motorisation et équipement équivalents, on n’est plus très loin d’un BMW X5, qui boxe pourtant une catégorie au-dessus.

Extérieur

La suspension pneumatique représente probablement l’option la plus intéressante de la XC60
Difficile de ne pas la comparer à sa grande sœur XC90, puisqu’elle en reprend les grandes lignes. Basée sur la plateforme SPA, la nouvelle XC60 s’allonge de 5cm par rapport à son prédécesseur (4,69m contre 4,64m auparavant), s’élargit d’un petit centimètre (1,90m contre 1,89m) et perd 5cm de hauteur, avec 1,66m contre 1,71m pour le modèle sortant. Cette nouvelle mouture présente donc des lignes plus trapues, tout en conservant un design relativement élégant. La partie avant plus affinée inaugure une nouvelle signature lumineuse et une calandre plus imposante aux fanons verticaux et non plus horizontaux. La ceinture de caisse s’aplatit et les ailes arrière prennent de l’ampleur, ce qui visuellement donne une impression de stabilité. Le hayon arrière est plus plongeant et creusé qu’auparavant. Les feux arrière reprennent la forme du modèle précédent, mais les designers ont intégré une petite bande lumineuse horizontale sur le hayon et les optiques fonctionnent désormais au LED. Les jantes de 19’’ sont de série. Elles passent à 20’’ avec la finition Inscription et à 21’’ sur la R-Design. Le coffre voit son volume augmenter de 10l (505l contre 495l) en configuration 5 places, mais en perd 23 (1432l contre 1455l) lorsque l’on couche la banquette arrière. Le hayon peut s’actionner (en option) en secouant votre pied sous le bouclier arrière et la hauteur de chargement peut aussi se régler via un interrupteur. Une fois la banquette rabattue, le plancher de coffre reste parfaitement plat.

Intérieur

Simplicité et modernité. A l’instar de l’aspect extérieur, la présentation intérieure de la nouvelle XC60 s’inspire largement de la XC90. Volant 3 branches, écran d’info divertissement de 9’’ placé au centre de la console, levier de vitesse, interrupteur de mise en marche, sélecteur du Drive Mode… Mise à part les buses d’aération, tout est identique. Et à moins d’opter pour la finition la plus basique et sans piocher dans la liste d’option, l’ambiance intérieure de la version Inscription, mêlant cuir, bois et aluminium brossé, est apaisante et respire la sérénité. Les mélomanes se régaleront de la qualité sonore de la hi-fi Bowers & Wilkins (une option à 3.350 € tout de même). Ensuite, on est bien assis dans la XC60, autant à l’avant qu’à l’arrière. On s’y sent même un peu moins à l’étroit que dans un Q5 d’Audi ou un X3 de BMW. Le confort des sièges est appréciable et la position de conduite droite et haute est typique des SUV. L’ergonomie est forcément bonne, puisque tout tombe sous la main et que la moindre commande peut s’effectuer soit via la tablette centrale, par le biais des boutons situés sur le volant, soit par les quelques boutons rescapés sur la console centrale. Mais la manipulation de la ‘tablette’ d’info divertissement reste un peu complexe et requiert toujours autant d’attention. Cette dernière reprend à peu près toutes les commandes : climatisation, téléphone, assistant à la conduite, multimédia et connexions auxiliaires, ce qui vous oblige à passer par là bien trop souvent. Cette version est plus alerte que la première que nous avions essayée sur le XC90, cependant, la navigation a encore montré quelques légères failles et certaines instructions arrivaient un peu tard. Nous avons aussi été dérangés par l’omniprésence des réverbérations du tableau de bord sur le pare-brise.

Sécurité

Sans le moindre doute, voici l’aspect auquel le constructeur et son PDG Håkan Samuelson, attachent le plus d’importance. Samueslon insiste sur son objectif qui consiste à, d’ici 2020, ne plus avoir de décès – ni même de blessés graves, lorsque l’une de leurs voiture est impliquée dans un accident de la route. Pour ce faire, ils utilisent un acier ultra rigide pour confectionner ce qui avec le temps pourrait s’apparenter à une cellule de survie. Ensuite ils continuent à développer des systèmes d’aide à la conduite et des assistants de sécurité. Rien que sur ce modèle, il y a 3 nouveaux systèmes de sécurité : une évolution du City Safety qui reconnait les véhicules, les piétons et même les grands animaux. Le Steering Support, qui vous aidera à braquer rapidement si nécessaire et l’Oncoming Lane Mitigation, qui prévient d’éventuels contacts frontaux si votre véhicule ou celui venant en face changeait de bande inopinément. Le système de conduite semi-autonome ‘Pilot Assist’ freine, accélère et suis la bande de circulation jusque 130km/h. Pour cela, il faut impérativement laisser au moins une main sur le volant. Mais cela fonctionne plutôt bien. Seul hic, ces systèmes ne sont pas de série, et en les additionnant on arrive au-delà des 2.500 €. Si la vie n’a pas de prix, la technologie…

Conduite

Nous voici donc au volant d’un SUV qui ne pousse pas au crime. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait rien sous le capot. Car bien que les nouveaux moteurs 4 cylindres de Volvo manquent forcément de rondeur par rapport aux anciens 5 cylindres diesel, ils ne sont pas pour autant moins volontaires ou performants. Le 2 litres 4 cylindres de notre version D5 d’essai développe la bagatelle de 235cv à 4.000tr/min (contre 220cv pour le D5 5 cylindres précédant) et 480Nm de couple entre 1.750 et 2.500tr/min (contre 440Nm pour son prédécesseur). Avec la boite à 8 rapports Geartronic imposée, ce nouveau modèle gagne même 1 seconde sur le 0-100 (7,2s contre 8,2) et 10km/h en vitesse maxi (220 contre 210). Mais au risque de se répéter, la sonorité du 5 cylindres fait défaut. De toute façon, cette nouvelle XC60 est extrêmement bien isolée phoniquement et aux allures permises par le code de la route, le moteur est pratiquement inaudible. Ce n’est qu’en tournant la molette du Drive Mode en ‘Dynamique’ que le bloc diesel se fait entendre… pour rien finalement car ce mode ne se révèle pas plus efficace que le mode confort. Il est juste plus bruyant et les rapports s’enchainent à des régimes plus élevés. Le point fort de la nouvelle XC60 se trouve dans la liste d’option, après la case ‘Suspension pneumatique’. Double bras avant et ‘integral link’ arrière, cette suspension est un pure régal et le confort de marche est princier, même avec les jantes de 20’’ – ce qui est plutôt rare. Elle filtre facilement les irrégularités de la route tout en conservant une assiette droite, sans pour autant avoir l’effet bateau de la XC90. Attention, en mode dynamique ce n’est pas non plus une ballerine et elle se montre aussi moins sportive et incisive qu’une Q5 ou une X3, mais on ne peut pas tout avoir. C’est pareil pour la sécurité. Elle dispose de tous les dispositifs qui existent en la matière. Mais parfois, ceux-ci se montrent très intrusifs et peuvent même vous surprendre durant la conduite. Sur les routes secondaires par exemple, lorsque vous initier un virage trop près de la ligne (intérieure ou extérieure), le volant corrige dans le sens opposé à l’impulsion que vous donnez, et lorsque vous ne le souhaitez pas, cela prête à confusion. Heureusement, vous pouvez facilement déconnecter ces assistants. Pourquoi les veut-on alors ? Bonne question. Parce qu’ils existent ! Le freinage ne manque pas de mordant, par contre, la pédale est spongieuse et manque de feeling. En mode confort, la direction est trop souple. Pour y pallier, il existe le Drive Mode ‘Individual’ qui vous permet d’ajuster la suspension en mode ‘confort’ et (par exemple) la direction en mode ‘sport’ qui sera alors plus consistante. Le constructeur revendique une consommation mixte de 5,5l/100km ou 144gr/km de CO2. Nous avons enregistré une moyenne de 7,9l/100km.

Conclusion

Difficile de ne pas la comparer à sa grande sœur XC90
Avec cette nouvelle XC60 et l’arrivée des prochains modèles, on peut d’ores et déjà considérer Volvo comme un constructeur de SUV, qui sait aussi faire des berlines et des breaks. Les choses ne vont pas moins bien depuis que le constructeur suédois est passé entre les mains des Chinois. Ils relèvent ensemble et de belle manière le défi de remplacer leurs modèle phare. La nouvelle XC60 s’inspire largement de sa grande sœur XC90, tout en enfonçant encore un peu plus le clou de la sécurité. Mais ce n’est évidemment pas à elle qu’il faut la comparer, mais à son prédécesseur bien entendu. Dispose-t-elle de la taille idéale ? Spacieuse et pratique, elle n’est en tous les cas pas aussi imposante que le mastodonte XC90. Mais la perfection n’existe pas, et la XC60 manque un peu de caractère sportif face à la concurrence allemande, tout en exigeant des tarifs réellement premium dans le segment des SUV de taille moyenne. Un aspect que la prochaine version D3 se doit impérativement de corriger.



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