Bruxelles continue : taxe kilométrique dès 2022

Agrandir l'image
Par: VG 04-12-2020

Malgré la grande controverse et les réactions négatives unanimes des autres gouvernements, de l'opinion publique et de nombreux syndicats et groupes d'intérêt, Bruxelles persévère : en 2022, toute la région bruxelloise imposera une taxe supplémentaire sur chaque voiture qui voudra y avoir accès. Il s'agit d'une taxe fixe complétée par une taxe variable en fonction des kilomètres parcourus.

Le péage urbain vise surtout les navetteurs

Tout d'abord, l'expression "péage urbain", qui, pour des raisons évidentes, est de plus en plus présente dans les médias, est trompeuse. Tout d'abord, il ne s'agit pas d'un péage pour la ville de Bruxelles, mais bien pour toute la région bruxelloise. Cela ne concerne pas uniquement Bruxelles-Ville, mais bien l'ensemble des 19 communes de la capitale. Il s'agit, entre autres d'Anderlecht, Uccle, Forest, Jette, Evere, Schaerbeek etc. Quiconque possède une voiture immatriculée dans la région bruxelloise ne devra plus payer de taxe de circulation ni de taxe de mise en circulation. Du moins pour les véhicules ne dépassant pas les 15cv fiscaux. Ceux qui voudront une voiture plus puissante à Bruxelles, devront toujours s'acquitter de la TMC correspondante. Il est donc question de taxer l'utilisation de la voiture et non plus la possession (pour les véhicules immatriculés à Bruxelles).

Les voitures immatriculées en Flandre et en Wallonie ne bénéficient d'aucune exonération, ce qui signifie que leur utilisation est effectivement doublement taxée. Les résidents bruxellois qui ont acheté ou achètent encore une voiture avant l'introduction de la taxe sont également doublement visés par le gouvernement car les taxes payées antérieurement ne sont pas remboursées rétroactivement.

Compliqué et coûteux

Le projet baptisé SmartMove imposera, à partir de 2022, une taxe kilométrique fixe à tout conducteur circulant dans la capitale entre 7 heures du matin et 19 heures (sauf le week-end). Pendant les heures de pointe, cette "taxe de démarrage" sera de 2 euros, en dehors des heures de pointe, elle sera de 1 euro. Toutefois, ce montant de base est toujours multiplié sur base de la "puissance fiscale" (archaïque) du véhicule. Six sera le facteur le plus élevé, ce qui signifie que les voitures d'une puissance fiscale de 21 chevaux ou plus devront payer 12 euros dès le démarrage ou l'entrée dans la voiture.

Il faudra ajouter à cela une taxe kilométrique de 0,2 euros par kilomètre pendant les heures de pointe et de 0,08 euros par kilomètre en dehors des heures de pointe. Elle ne sera plus d'application entre 19h et 7h du matin.

Les navetteurs seront bientôt confrontés à un coût supplémentaire de cinq euros par jour ou de 1 200 euros par an. De plus, le coût est cumulé avec celui de la zone LEZ à Bruxelles. A l'heure actuelle, aucune mention quant à la suppression de la zone à faibles émissions n'a été faite, ce qui signifie que les conducteurs de véhicules un peu plus anciens doivent également tenir compte de ces restrictions et de la bureaucratie.

Protestation

Les autres régions sont consternées par les projets de la coalition bruxelloise des socialistes, des verts et des libéraux. C'était également le cas lorsque les plans ont été annoncés pour la première fois, mais cela n'a pas empêché le gouvernement régional de Bruxelles de les approuver maintenant. La route politique est encore longue, mais Bruxelles semble déterminée.

Comment le gouvernement sait-il que vous entrez dans Bruxelles ?

Les plans mentionnent une application pour smartphone, la possibilité d'acheter une carte journalière pour une utilisation occasionnelle (peut-être aussi pour les touristes, pour autant qu'ils ne soient pas dissuadés de visiter la capitale) et les caméras ANPR seront utilisées pour la surveillance. Ce sont des caméras qui lisent les plaques d'immatriculation dans toute la Belgique. Elles sont aussi utilisées pour repérer les voitures signalées volées, ou en défaut d'assurance ou de contrôle technique. Le prétexte de la lutte anti-terroriste a été utilisé pour qu'elles poussent comme de la mauvaise herbe. Le déploiement des caméras pour endiguer les activités criminelles ne semble pas encore fonctionner. En revanche, elles fonctionnent très bien pour le contrôle d'accès, les zones à faibles émissions et le calcul de la vitesse moyenne lorsqu'elles sont utilisées comme radar tronçon.

Une vache à lait

La région bruxelloise prévoit que l'introduction du système SmartMove pourra générer environ 500 millions d'euros par an. Cela représente plus du double des 200 millions d'euros de recettes fiscales annuelles que la région perçoit sur les voitures. On prévoit que cette augmentation considérable sera presque entièrement imputable aux automobilistes flamands et wallons. Et ce alors que les Belges sont les Européens qui paient déjà le plus de taxes sur les automobiles.

Ajouter un commentaire
comments by Disqus