Les voitures chinoises menacent les marques automobiles occidentales. Avec des prix compétitifs et un équipement de qualité, elles cherchent à gagner la faveur des consommateurs européens. Cela ne plaît évidemment pas aux marques historiques, qui souffrent déjà de la pression économique chinoise. Mais il y a peut-être plus que cela. Les services de sécurité allemands avertissent que les voitures électriques chinoises collectent non seulement de grandes quantités de données, mais peuvent aussi, en théorie, être manipulées à distance, voire piratées.
Les voitures transmettent de grandes quantités de données sensibles
Les déclarations du Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV) au journal allemand Handelsblatt ne laissent aucun doute : le service de sécurité part du principe que les voitures peuvent transmettre de grandes quantités de données sensibles. Le gouvernement chinois pourrait ainsi avoir accès aux microphones et aux caméras installés à l'intérieur des véhicules. Non seulement les données techniques des véhicules, mais aussi les conversations et les images peuvent être transmises à des serveurs situés en dehors de l'Europe. Les services de sécurité allemands sont très préoccupés par l'espionnage, mais aussi par les données sensibles concernant les infrastructures, l'emplacement des casernes, les déplacements des services publics ou des fonctionnaires. Il s'agit là d'informations précieuses pour les services de renseignement, qui peuvent être utilisées non seulement pour l'espionnage classique, mais aussi pour analyser les schémas de mobilité ou les systèmes d'intelligence artificielle.
La voiture comme tueur à gages
De plus, l’éventuel pirate ou tout autre partie externe malveillante pourrait même faire plus que simplement écouter. Le BfV part du principe que les voitures peuvent être immobilisées à distance. Il est même possible de les conduire, comme l'ont déjà démontré à plusieurs reprises des hackers (heureusement) éthiques. Une voiture piratée représente un danger immédiat.
La conclusion des services de renseignement allemands n'est guère surprenante. Les agences de sécurité américaines, entre autres, étaient déjà parvenues à une conclusion similaire. Non seulement en ce qui concerne les voitures, mais aussi tous les équipements sensibles. La technologie chinoise est de plus en plus exclue de toutes sortes d'applications stratégiques. Le fait que la Chine puisse paralyser à distance toute une société n'est pas considéré comme de la fiction, mais comme une possibilité réelle.
L'Europe ouvre grand ses portes
“Une décision qui pourrait bien s'avérer d'une naïveté choquante”L'Europe, en revanche, a ouvert davantage la porte. Elle exige que les nouvelles voitures collectent des données et les transmettent aux serveurs des constructeurs automobiles et de l'UE. La voiture connectée est une obligation. Une décision des décideurs politiques européens qui pourrait s'avérer d'une naïveté choquante à l'avenir. Une de plus. Cette année, l'Europe impose même une caméra qui filme l'intérieur de la voiture dans le cadre des nouveaux équipements de sécurité. Avec la bénédiction de l'Europe, les constructeurs automobiles collectent déjà des données sur la navigation, l'état de la batterie, la consommation, les émissions, le style de conduite et l'entretien. Le constructeur de votre voiture en sait déjà beaucoup plus que vous ne le pensez, mais l'utilisateur n'a aucune idée de l'endroit où ces données sont stockées (quel est le niveau de sécurité des serveurs) ni de qui y a accès. Les fuites de données importantes, comme celle qui a récemment touché Volkswagen, sont désormais monnaie courante.
L'Allemagne envisage d’en interdire la circulation en cas de conflit
Le Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV) attire également l'attention sur une législation chinoise importante. Les entreprises de ce pays sont tenues de coopérer avec les services de sécurité chinois. Le Parlement allemand réfléchit déjà à une loi visant à restreindre l'utilisation des voitures chinoises en période de tension ou de conflit.