Essai: Skoda Octavia Combi Scout 2.0 TDI 184

Voir 39 photos
Par: VG 31-05-2018

Après avoir présenté leur premier SUV, le Kodiaq, et en sachant pertinemment qu’ils ne tarderaient pas à présenter leur premier SUV compact, le Karoq, le constructeur tchèque à tout de même conservé un break aux tendances baroudeuses dans sa gamme, l’Octavia Scout. Une sorte de chainon manquant entre les berlines et les crossovers/SUV de la marque. Il existait déjà une version 4x4 surélevé de la première génération d’Octavia, mais l’appellation Scout n’est apparue que sur la seconde génération, en 2006.

15cm plus courtes que la Tchèque, les cousines Seat Leon ST X-Perience et Golf Variant Alltrack sont finalement les seules vraies conccurentes. Autrement, une gamme au-dessus, il existe une certaine Audi A4 Allroad… entre 10 et 13.500 € plus chère. L’Octavia Scout démarre à 33.285 €, avec le 1.8 TSI de 180cv, seul moteur essence disponible. En diesel, le 2.0 TDI se décline en 150cv avec la boite automatique DSG7 (34.985 €) ou en 184cv (35.395 €) avec la boite DSG6. Notre véhicule d’essai étant équipé du toit panoramique, des projecteurs de phares full LED, de jantes spécifiques, du park assist, du siège conducteur à réglage électrique et de quelques autres options, voit la facture grimper à plus de 42.000 €. Certes concurrentiel compte tenu de l’équipement fourni, mais cela commence tout de même à chiffrer.

le confort de suspension est excellent, et secondé par des amortisseurs bien calibrés

Extérieur

Ne cherchez pas midi à quatorze heures pour différencier la phase 1 de la phase 2 de cette troisième génération d’Octavia. De l’extérieur, seule la partie avant (phares-calandre-capot) a été redessinée. Les optiques de phares avant sont désormais séparées en deux. Une particularité qui, en plus de nous rappeler la phase 1 de la Mercedes Classe E (type 212), ne fait clairement pas l’unanimité. De profil on peut constater la disparition des bandes de protections en bas des portières, ainsi que l'apparition de nouvelles jantes – 225/50 R18 sur notre monture d’essai. A l’arrière, seuls les feux ont été (très) légèrement retravaillés. Les volumes et les dimensions de la Scout n’ont pas bougé d’un micron, avec toujours 4,69m de long, pour 1,81m de large et 1m53 de haut (contre 4,67m de long et 1,47m de haut pour une Combi normale). Le coffre, parmi les plus généreux de sa catégorie, passe de 610l en configuration 5 places à 1.740l en couchant la banquette arrière. Nous regrettons juste qu’une fois la banquette rabattue, le plancher ne soit pas parfaitement plat. L’Octavia Scout conserve ses éléments de styles spécifiques comme les passages de roues en plastique nu ou les sabots centraux de protection des boucliers, en plastique imitation aluminium mat. Par rapport à une Octavia Combi classique, la garde au sol à été majorée de 31mm, pour passer à un total de 17,1cm (ce qui était déjà le cas sur la phase 1). Attention, c’est relativement proche des 18,7cm du grand SUV Kodiaq !

Intérieur

C’est un peu le même son de cloche dans l’habitacle. Rien en change, mis à part le système d’infodivertissement. La dotation de série du nouveau modèle propose un ‘petit’ écran tactile de 6,5’’. Ensuite, il existe deux écrans tactiles intermédiaires de 8’’ en option. Le modèle haut de gamme (sur les photos) fait 9,2’’. Il est entièrement tactile et offre une image très net grâce à une résolution de 1280x640 pixels. Le système d’infodivertissement comprend une mémoire flash de 64Gb, un lecteur de DVD et un module LTE pour l’internet haut débit. Il peut connecter votre smartphone avec la voiture grâce au SmartLink via les interfaces Apple CarPlay, AndroidAuto ou MirrorLink. Pour le reste, l’Octavia est toujours aussi accueillante. L’habitabilité reste son point fort, à l’avant, et certainement à l’arrière. Le confort l’est tout autant, et la marque tchèque, peut-être malgré elle, n’a plus grand-chose à envier, sur ce point, à ses homologues germaniques. La position de conduite est bonne, en revanche l’ergonomie se voit pénalisée par une implantation un peu basse de l’écran multimédia. Une molette de pilotage de l’écran sur le tunnel central et l’affichage tête haute auraient pu participer à gommer cela. Autrement, nous avons apprécié les nombreux espaces de rangement, la prise 230V aux places arrière et les petits plus astucieux comme le grattoir à glace logé sur la trappe à carburant, l’espace pour la veste de sécurité sous le siège conducteur ou encore le petit porte-smartphone à placer dans le porte-gobelet.

Sécurité

Il n’y a pas grand-chose que vous puissiez reprocher à une Octavia Combi standard et termes d’équipement de sécurité. La Scout bénéficie des mêmes systèmes, dont la détection piétons et l’avertisseur d’angle mort. Bien entendu, certains d’entre eux demeurent en option. C’est le cas du dernier cité ainsi que du régulateur de vitesse adaptatif, des airbags rideaux et latéraux et de l’avertisseur de dévoiement. Eux trois seuls feront grimper la facture de près de 1.500 €.

Conduite

L’habitabilité reste son point fort, à l’avant, et plus encore l’arrière
Le constructeur tchèque n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de break polyvalent. Et non seulement cela se voit, mais cela se ressent également. Tout d’abord, on perçoit une bonne qualité d’assemblage. Malgré le grand toit ouvrant, la caisse reste rigide et l’insonorisation est bien travaillée. Cependant, son point fort réside dans l’excellent confort que procure la suspension, secondée par des amortisseurs bien calibrés. Les irrégularités de la route sont parfaitement filtrées et les ralentisseurs sont avalés sans sourciller. Ensuite, on a ce qu’il faut sous le capot. Un moteur 2.0 TDI de 184cv (Il existe aussi un 1.8 TSI de 180cv, mais il n’est pas plus performant). Souple et coupleux à tous les régimes, ce TDI est associé à une boite DSG6 plutôt qu’à la DSG7, visiblement moins enclin à supporter les 380 Nm. Equipée de la sorte, l’Octavia Combi Scout est capable d’accélérations et de reprises franches. Avec un chrono de 7,8 secondes pour passer de l’arrêt à 100km/h, on en oublierait presque les 1.600kg à déplacer. Ce qui reste finalement raisonnable, compte tenu du gabarit et de la transmission aux quatre roues. Cette dernière, réalisée par le Suédois Haldex, assure une motricité sans faille et permet à l’Octavia Combi Scout de sortir des sentiers battus sans craindre de rester bloquée dans la boue. Elle n’est tout de même pas conçue pour le tout terrain, mais elle dispose de très bonnes aptitudes en tout chemin, grâce entre autres à une garde au sol surélevé de 31mm par rapport à une Combi normal et à son angle d’attaque de 16,6 degrés et son angle de fuite de 14,5 degrés. La gestion de l’embrayage en mode ‘offroad’ et l’abondance de couple permettent une progression facile sur pas mal de surfaces. Notez que ce mode limite la boite DSG à l’utilisation des deux premiers rapports uniquement. Sur la route, et malgré cette bonne transmission intégrale, dès que le rythme s’accélère, elle à tout de même tendance à sous-virer. Chose qu’il faut mettre sur le compte du poids et de la hauteur de caisse. Autrement, on peut considérer qu’elle offre une bonne tenue de route et un agrément de conduite intéressant, grâce entre autres à la réserve de couple et à la boite automatique DSG6. Avec tout ça, c’est la consommation qui en pâti. Nous avons enregistré une moyenne de 8,4l/100km. Bien plus que les 5,1l/100km ou 135g/km de CO₂ déclarés par le constructeur.

Conclusion

Certes, la tendance actuelle est au SUV, mais il existe toujours des breaks surélevés, comme cette Octavia Scout. En avez-vous réellement besoin ? C’est une autre question – qui peut d’ailleurs être posée pour chaque type de véhicule. Mais les breaks offrent une modularité qui fait parfois défaut chez les SUV. Cette Octavia Scout nous a davantage séduit par son côté robuste que par son design. Elle cache aussi d’autres qualités, pas forcément visible, comme un confort de suspension très appréciable et une polyvalence réelle. Si les tarifs affichés ne sont plus son argument de vente principal, elle conserve des atouts d’habitabilité et de modularité relativement intéressants. Il reste donc une alternative pour les amateurs de tout-chemin qui n’accrochent toujours pas aux SUV. Il risque cependant de basculer dans la catégorie des produits de niche.


Ajouter un commentaire
comments by Disqus