Plus d'un demi-million de voitures 100 % électriques circulent désormais sur les routes belges. Mais ce chiffre cache une réalité biaisée : à peine une sur cinq est immatriculée au nom d'un particulier. C'est le constat de l'organisation de mobilité Touring, qui parle ‘’d'une transition à deux vitesses’’. On pourrait également l’interpréter d’une autre manière, en disant que ceux qui achètent une voiture avec leur propre argent ne mordent pas à l'hameçon.
Les derniers chiffres officiels de Statbel montrent que la voiture électrique connaît une véritable explosion sur les routes belges. En un an, leur nombre a bondi de 37,8 %. Elles représentent désormais 8,8 % de l'ensemble du parc de voitures particulières. Ce qui signifie aussi que d'ici la fin de l'année, une voiture sur dix sur le réseau routier belge sera subventionnée ou du moins, fiscalement avantagée.
Sur le papier, les voitures électrifiées sont désormais plus nombreuses que les diesels : 1.512.874 contre 1.493.622. Mais attention, les hybrides à électrification limitée sont inclus dans ce total. L'essence reste quant à elle de loin la motorisation la plus répandue, avec plus de 3,1 millions de véhicules.
La fiscalité, moteur de l'électrique
Sur les 544.517 voitures 100 % électriques, 442.147 sont immatriculées au nom d'une entreprise, soit 81,2 %. Seuls 101.877 VE sont immatriculés par des particuliers. Selon Touring, cela démontre que la Belgique connaît en réalité deux transitions électriques. Du côté des voitures de société, une fiscalité avantageuse a largement favorisé le basculement. Les particuliers, eux, font face à un tout autre calcul.
Ils doivent tenir compte non seulement du prix d'achat, toujours nettement plus élevé, et de l'autonomie, mais aussi de la possibilité de recharger à domicile, du coût de la recharge publique, de l'assurance, de la valeur résiduelle et de l'incertitude quant à la fiscalité future.
Des voitures électriques moins chères doivent convaincre les particuliers de franchir le pas. Plusieurs modèles se situent désormais dans une fourchette de 20.000 à 25.000 euros. Plus compacts, évidemment, mais aussi dotés d'une autonomie moindre. Touring voit dès lors un fort potentiel dans le développement d'un marché de l'occasion abordable. Pour l'heure, les anciennes voitures de leasing peinent à trouver preneur, car les particuliers doutent de la fiabilité, de la longévité ou de la qualité des voitures électriques.
La recharge doit devenir plus simple
Le réseau de recharge se développe rapidement. Touring recense désormais plus de 126.000 points de recharge publics en Belgique. Selon l'organisation, le prochain défi ne consiste donc pas seulement à installer davantage de bornes, mais à simplifier la recharge. La transparence des prix reste notamment un point noir. Pour Touring, l'automobiliste doit pouvoir distinguer clairement le prix du kWh avant d'entamer une session de recharge. Le paiement, la disponibilité des bornes et la puissance de charge réellement délivrée doivent aussi être améliorés. Dans sa liste des reproches, Touring pourrait également ajouter ces bornes qui n’affichent même pas le montant total payé à la fin de la recharge.
Tout le monde ne doit pas faire le même choix
Touring met par ailleurs en garde contre une politique qui enfermerait l'ensemble du marché automobile dans une seule technologie. L'organisation plaide pour la neutralité technologique et souhaite que des alternatives comme les carburants renouvelables, les e-fuels et l'hydrogène puissent continuer à jouer un rôle.